La discrimination selon ChatGPT

Depuis quelques mois, l’intelligence artificielle revient au coeur de l’actualité technologique mondiale grâce à des outils qui ont rendu l’usage plus simple,plus ludique et certainement plus adapté à la génération Tik Tok. Entre les générateurs d’images modifiées sur instagram et les outils de création de contenu audio ou video (exple:Synthesia), il y a largement de quoi couvrir un large panel de besoins. Ceci dit, une fois de plus, dans une revolution technologique, l’Afrique fait office de continent invisible et ce n’est que récemment que plusieurs pays africains ont été rajoutés à la liste des zones de disponibilité de chatGPT. La question de la discrimination autour des algorithmes a déjà été évoquée à plusieurs reprises,notament sur la question des jeux de données utilisés pour entrainer les outils qui souvent finissent par tenir des propos racistes,sexistes,haineux en tout genre. Quand il s’agit d’outils de traitement d’images, ils sont entrainés sur un modèle d’images typiques d’un environnement occidental, par exemple un mariage traditionel africain sans le costume aura plus de mal à être reconnu comme tel par un algorithme entrainé sur des images de mariages entre Paris et New York.

Dans ce cas, la réalité que je vais aborder est celle des enjeux de relations internationales autour de l’intelligence artificielle. Le gouvernement américain assume parfaitement , c’est tout à son honneur, de restreindre l’export de technologies qu’il estime stratégiques et susceptibles de tomber entre les mains d’adversaires, économiques (Chine), ou militaires (exple:Russie),et même de ses alliés de l’OTAN. En 2020, le journal The Verge dans un article riche en informations, expliquait comment le gouvernment américain restreint l’export de technologies d’intelligence artificielle. De prime abord, on pourrait se dire ,OPEN AI, étant une entreprise américaine, est tout simplement soumise à ce cadre de loi. La réalité est plus complexe que ça. A noter que cette réalité n’est pas une spécificité américaine, tous les pays du G20, et quasiment tous les pays de l’OCDE ont un cadre juridique similaire afin de restreindre l’exportation quand il s’agit de technologies susceptibles de créer un point de rupture ou de donner un avantage compétitif à un pays tiers.

Sur le site OPEN AI ,on peut lire “Geographic diversity and broadly distributed benefits are very important to us and we are working hard to increase the number of locations we can provide safe access to” . En gros, ils disent faire de leur mieux pour étendre la disponibilité. Dans les faits,il est évident que tant que la situation géopolitique dans des pays tels que l’Iran,la Syrie ou la Corée du Nord sera tel qu’elle est aujourd’hui, il est improbable qu’un accès à ChatGpt y soit autorisé par l’administration américaine. L’exclusion par ChatGPT de certains pays africains est particulièrement révoltante quand on sait que l’outil a été configuré au KENYA par des employés payés 2$/H comme l’a révélé le TIME dans un article encore disponible. Il y a là comme un air d’exploitation. En gros, on aime votre continent pour ses coûts de main d’oeuvre,mais pour exploiter les solutions,pas tout de suite.

Autant dans certaines partie du monde, on comprend aisément les raisons de “l’indisponibilité”, autant je trouve totalement injuste que la plupart des pays sur la carte que j’ai réalisé soient des pays africains dont l’accès à ChatGPT est restreint sans explication sérieuse. Plusieurs jeunes entrepreneurs et innovateurs africains peuvent tirer profit de ces outils autant que leurs égaux aux quatre coins du monde. Lors de la révolution industrielle, l’Afrique a manqué le cap,par le fait des autres,mais aussi en partie par son propre fait.C’est triste,mais c’est vrai.

La révolution technologique est en marche, une grande part des technologies et des outils sont disponibles en Open Source. Un simple ordinateur suffit aujourd’hui à créer des miracles. Je pense que chaque jeune innovateur doit prendre conscience de la guerre économique en cours, du rôle que nous avons à jouer ,et de la capacité à utiliser les algorithmes comme un outil de développement et d’inclusion économique. L’idée n’est pas juste de crier à l’injustice, ce serait trop facile, les entrepreneurs locaux doivent prendre les problématiques en main et proposer au monde, nos propres solutions ,nos outils et ainsi avoir une place à la table de la mondialisation.

Elong William.

ELONGWILL
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